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BioAxial : la super résolution au service de la recherche

le 13 mars 2018

Pépite française, la medtech francilienne BioAxial est prête à révolutionner l’imagerie pour la recherche et la santé avec CODIM, module de super résolution qui permet de visualiser l’infiniment petit dans le vivant. Rencontre avec son P-DG Georges Tabary, expert en dispositifs médicaux et sciences de la vie.

Basée à l’hôpital Cochin (Paris, 14e arr.) au sein de Paris Santé Cochin, mine de medtechs et biotechs spécialisées dans la santé humaine, l’entreprise BioAxial est la pépite française qui concoure dans la passionnante course mondiale engagée pour répondre à l’un des plus grands défis contemporains de l’imagerie pour la recherche et la santé : permettre la visualisation de l’infiniment petit dans le vivant.

 

Preuve des enjeux, en 2014, pas moins de trois chercheurs – deux américains et un allemand – ont été récompensés du Prix Nobel de chimie pour avoir chacun de son côté repoussé les limites du microscope optique avec des nanoscopes permettant de voir des molécules à l’intérieur de cellules vivantes. En deux mots, d’avoir donné naissance à la super résolution.

On parle de super résolution quand la résolution est plus fine que 250 nanomètres, soit ¼ de micron. Le CODIM, commercialisé par BioAxial, atteint aujourd’hui 90 nanomètres, et à l’avenir permettra de descendre jusqu’à moins de 10nm.

 

Une autre technologie de nanoscopie a été développée par un chercheur français : Gabriel Sirat, fondateur de BioAxial en 2010. L’actuel Chief Scientific Officer de l’entreprise francilienne est en effet le premier au monde à avoir eu l’idée d’utiliser la diffraction conique comme moyen d’imagerie de super résolution. Un procédé qui, notamment, s’avère très peu phototoxique. « La phototoxicité ou le photobleaching (blanchiment – NDLR) sont les pires ennemis du chercheur sur les cellules vivantes », précise Georges Tabary.

CODIM : breveté et prêt à conquérir le marché

Pour sa technologie, BioAxial a déposé 11 familles de brevets, dont les plus stratégiques sont déjà officialisés par l’USPTO (United States Patent and Trademark Office), l’instance administrative chargée d’émettre des brevets et des marques de commerce déposées aux Etats-Unis. De quoi permettre à BioAxial de se positionner en acteur majeur de ce marché émergent et très prometteur.

« L’IRM et le scanner, aujourd’hui démocratisés, ont mis un certain temps à révolutionner l’imagerie médicale et à devenir incontournables. L’imagerie nanoscopique prend ce même chemin. » Pour la recherche bien sûr, mais aussi – et c’est le vœu de Georges Tabary – pour le diagnostic médical.

 

L’uCODIM, lauréat d’un prix de design en février 2018 et 2nde génération de la famille CODIM, est sur la rampe de lancement. Passer du prototype fonctionnel à un appareil commercialisable, c’était l’objectif premier de Georges Tabary, arrivé en 2016 chez BioAxial après des réussites remarquées chez Leica Microsystems, Intuitive Surgical, Technomed International ou encore Mauna Kea. Autant dire que le P-DG connaît bien les étapes à venir et leur complexité.

A la conquête de la barrière de diffraction

En attendant, BioAxial est une startup, avec ses difficultés. Pour le financement, l’entreprise a fait appel au Preficir Neftys pour son CIR (Crédit d’impôt recherche) 2015.

« Neftys a été d’une diligence extrême et c’était bien venu pour faire face à certaines échéances et tenir notre plan de développement. J’ajoute que la démarche a eu un effet secondaire : une meilleure compréhension du CIR et une meilleure présentation de notre dossier. »

Mais le plus difficile est encore devant : « La difficulté pour une startup, c’est d’être reconnu. C’est compréhensible, les chercheurs en biologie et laboratoires pharmaceutiques sont plus tournés vers des grands noms. Pour qu’une startup émerge, une technologie très convaincante est un impératif. Par ailleurs, les chercheurs apprécient la relation ouverte et disponible que BioAxial développe avec eux. »

Managée par Daniela Boyo – CTO (Chief Technical Officer), l’équipe plurisciplinaire BioAxial – 15 ingénieurs optiques, mathématiciens et biologistes – enregistre chaque jour de nouvelles avancées aussi spectaculaires que passionnantes. Et entend bien continuer à repousser les limites et à construire sur sa technologie, notamment pour franchir la pourtant réputée infranchissable barrière de la diffraction.

 

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